III
Et le cauchemar continue. Mon quotidien poursuit sa voie. Une vie bien trop pénible, mais on s'y fait vite. J'arrive au « Dirty bar' », je pars vers les loges, je ne parle à personne, en entrant ici je perds mon humanité, j'enfile mon costume, mini short en cuire, avec le corset aux lacets rouges qui va avec, mes bottines noirs, comme je me sens honteuse, mais je pars vers la salle. Je passe la porte et me retrouve devant une multitude de lumières, mais je reste dans un noir intense où les sourires vicieux s'illuminent, ou les rires diaboliques résonnent et où chaque femme pleure en cachette. Les hommes s'amusent avec leur corps, prennent plaisir à nous soumettre à leur pouvoir, car ils ont l'argent !Polina : Qu'est ce que tu fous à rêvasser ! Vas bosser au comptoir.
C'est elle qui souffre le plus. Elle est plongée dans ce trou depuis 8 ans. Moi, je ne suis que la benjamine dans ce monde. Mais sans un mot, je pars à ma tâche. Je sers l'alcool, sans un regard, sans un sourire, tout sourire se perd dans cette masse de terreur.Le Boss (grand sourire) : Ah Anna. Je vois que tu as enfin compris la leçon. Viens par là !
Il attrapa les lacets de mon corset et me tira vers lui. Je voyais sa main chercher quelque chose dans la poche de son pantalon. Il en sortit un billet. Il voulait s'amuser avec moi. Mais pour moi l'argent n'est rien, que du papier. Il a remarqué que je ne m'intéressais pas à son plaisir. Son sourire s'envola.Le Boss : Tiens !
Et il me fourra le billet dans le décolleté de mon corset. Il ne perdra jamais son côté animal.Le Boss : Retourne travailler !
Me libérant de son emprise, il me poussa pour m'obliger à y retourner. C'est bien la première fois qu'il me donne de l'argent sans rien vouloir en retour. Pour moi tout ça est louche.Polina : Deux vodkas cerise.
Je revint à mon travail, oubliant mes pensées, mais toujours intriguée !Polina : Mon dieu ! ça doit bien faire...
(réfléchit) en fait non je n'ai jamais vu le patron comme ça.
Moi : Et qu'est ce qui peut le rendre si heureux ?
Polina (s'approchant vers moi) : Des gros clients viennent ce soir. Des étrangers. Notre gagne pain ma fille.
Des étrangers ?Moi : Tu en sais plus ?
Polina : Non, mais c'est ce qui se dit entre les filles.
On verra déjà assez tôt la tête de ce « gagne pain ».Moi (sortant le billet de mon décolleté) : Tiens Polina. Je l'ai trouvé par terre.
Polina (ébahit) : Garde le, tu en as autant besoin que moi !
Moi (sourire) : Tu sais parfaitement que cette idée, je ne voudrais jamais l'accepter. Alors prends.
Elle prit le billet et vint m'embrasser sur la joue. Un geste de tendresse. Il me fit tant de bien.Polina (en partant) : Ne fais pas te connerie ce soir.
Pas de connerie ! pas de connerie ! je ne peux pas prévoir à l'avance.
Je partis en direction de la table 5. Trois hommes y étaient, j'apportais leurs vodkas. Des hommes en costar cravate, des hommes d'affaires qui viennent chercher la compassion après une journée de travail.
Je vais vomir de dégoût !Homme : Ah ma belle, j'aime ton petit cul !
Il me donna une tape sur les fesses. Elle claqua au contact du cuir de mon short.Homme : Tu me chauffe drôlement. Tu veux pas qu'on se retrouve quelque part ?
Je commençai à m'avancer tout doucement vers lui, je me penchai, mon regard dans le sien, mes lèvres à l'avant des siennes. Il ne voulait que ça, mais je ne suis pas une putain. Je lui reversa alors sa vodka sur la tête.Moi (fausse ironie) : Oh que je suis maladroite, j'espère que tu ne vas pas mourir d'un choc thermique !
Ouai c'est ça, Crève !
Son visage était dégoulinant. Il ne savait comment réagir alors que je venais de le prendre au dépourvu. Et comme toujours j'étais fière de moi. D'un regard victorieux et d'un sourire malicieux je me retournais pour repartir vers le bar en scrutant tous les regards posés sur moi. Certaines filles étaient envieuses de mon audace, d'autres me trouvaient pitoyables. Mais un seul regard bouleversa ma victoire. Je le vis et dans un moment d'égarement je prononçai son nom dans un soufflement.Moi : Jan.
Il me regardait. Non. Pourquoi était-il venu ? Cela ne devait pas se passer comme ça. J'avais tout prévu. Je ne pouvais pas me tromper. Non ! Il m'était impossible de ne pas le reconnaître, sans l'avoir vraiment vu, je le connaissais. Tout se chamboula.. non, tout s'arrêta. Il me regardait et moi j'étais paralysée. Mais je ne devais pas perdre le contrôle. Dans un mouvement inattendu je courus jusqu'aux loges. Je ne savais pas quoi faire d'autre. Je n'avais pas de plan pour cette situation et trop de questions submergeaient mon esprit pour que je puisse réfléchir à une solution. Arrivée aux loges, je pris la porte de derrière oubliant tout regard interrogateur. Je claquai la porte avec fureur, j'étais dans la ruelle derrière le bar. J'entendis un bruit venant de derrière la porte. Il était là. Je ne pouvais continuer à fuir. Mon regard vacilla dans la ruelle et tomba sur la grosse poubelle. Et sans chercher autre chose je glissai mon corps derrière. Je ne vois plus rien, le noir m'envahit encore plus ici. J'entendis la porte s'ouvrir avec précipitation et puis, plus rien. Je sentais sa présence, il était juste là, comme moi, dans la pénombre à vouloir attraper un fantôme... comme moi.Jan (crie) : Aida !
Non ! pas ce prénom. Mes mains se plaquèrent sur mes oreilles, comme un reflex pour apaiser ce son horrible. J'aurai voulu tout détruire pour soulager ma souffrance. J'aurai voulu le détruire. La porte se referma et il me laissa seule. Avec son cris, son nom qui continue à se propageait, l'espoir qu'il avait de la revoir, elle, il m'avait donné encore plus de motivation et de conviction pour lui faire payer ce qu'il nous a fait ! Voilà pour ce chap'
je suis de retour de vacs
et les votres ?
j'espère continuer à vous faire voyager avec mes écrits =)
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